Tout savoir sur les accessoires Pawerful : résistance et durabilité
La résistance des accessoires
En France, il n'existe aucun cadre légal qui encadre la solidité des accessoires canins. Cela me semble être un vrai problème, car une laisse qui cède au mauvais moment (quand votre chien s'élance après un autre animal de l'autre côté d'une route, par exemple) peut avoir des conséquences graves. Aucun accessoire n'est éternel ni indestructible, mais en tant qu’artisans, je crois qu'on a le devoir d'être transparents sur ce que l’on vend, et rigoureux dans les recommandations que l’on fait aux propriétaires de chiens qui nous font confiance.
Certains vendeurs annoncent que leurs produits supportent des charges très élevées, comme par exemple « jusqu’à 400 kg » en traction. Il est tentant de se dire qu’on a affaire à un produit avec une résistance largement suffisante pour son chien. En réalité, ces valeurs demandent à être prises avec de très grosses pincettes, pour deux raisons.
Première raison : ce que signifie vraiment ce nombre. Cette valeur correspond souvent à la résistance à la rupture (ou à la résistance minimale à la rupture) du matériau principal. Ces deux termes sont donnés par les fournisseurs de matières premières et ne signifient pas tout à fait la même chose :
- La résistance à la rupture est la force maximale qu'un matériau peut supporter avant de céder. C'est une valeur observée lors d'un test, qui peut varier d'un échantillon à l'autre.
- La résistance minimale à la rupture est la valeur garantie par le fabricant : il s'engage à ce qu'aucun exemplaire ne cède en dessous de ce seuil.
Dans tous les cas, ces chiffres sont obtenus en laboratoire : on applique une force en traction sur le matériau, et on note la valeur affichée lorsque le produit cède. Ce test est réalisé dans des conditions contrôlées (température, direction et sens d'application, traction progressive).
Deuxième raison : la vraie vie n'est pas un laboratoire. Si votre chien tire sur l’accessoire lors d’une balade, il est fort probable que cela ne se fasse pas dans les mêmes conditions qu’en laboratoire. La traction exercée ne sera pas progressive, mais plutôt brutale et par à-coups. De plus, la température et l’humidité de l’air ne seront probablement pas les mêmes qu’en laboratoire, l’accessoire sera peut-être mouillé, ou déjà marqué par les années d’utilisation.
Pour être rigoureux, il faut donc appliquer un coefficient de sécurité sur les valeurs annoncées par les fabricants, afin de couvrir tous ces aléas. La valeur obtenue après application de ce coefficient s'appelle la charge maximale d'utilisation (CMU). C’est sur cette CMU que devraient être basées les recommandations de poids de chien maximum pour utiliser un accessoire donné.
Cette notion de coefficient de sécurité sur la charge de rupture se retrouve dans le Code du travail français pour les activités humaines impliquant des travaux de levage. Le coefficient à appliquer dépend du matériau : 4 pour les composants métalliques, et 7 pour les sangles textiles et les cordages.
Concernant les accessoires Pawerful, j'ai fait le choix, en l'absence de cadre légal spécifique au domaine canin, de m'aligner sur les coefficients issus du levage industriel français pour mes recommandations de CMU. J'ai cependant retenu un coefficient de 10 pour les cordages, plus prudent que le coefficient réglementaire de 7, pour tenir compte de la présence des nœuds ajustables le long de mes laisses en nylon qui peuvent réduire la résistance de la corde d’environ 30%.
La règle du maillon le plus faible
Les laisses et longes sont composées de plusieurs éléments : le matériau principal (par exemple une corde en nylon), la quincaillerie (mousquetons, anneaux) et les liants (coutures, vis). C’est là qu’il faut comprendre une chose essentielle : la résistance d'un accessoire n'est pas celle de son matériau principal, mais celle de son maillon le plus faible.
Prenons un exemple concret avec mes propres produits, une laisse en corde nylon 10 mm équipée d'un mousqueton mexicain :
- La corde résiste à 1295 kg (CMU : 129,5 kg avec mon coefficient de 10)
- Le mousqueton mexicain résiste à 426 kg (CMU : 106 kg avec le coefficient de 4)
C’est donc le mousqueton, et non la corde, qui fixe la limite réelle. La CMU de l'ensemble est de 106 kg, pas 129 kg.
Les matériaux que j'utilise chez Pawerful
|
Élément |
Résistance à la rupture |
Coefficient |
CMU |
|
Corde nylon 10 mm |
1295 kg |
÷ 10 |
129,5 kg |
|
Corde nylon 8 mm |
800 kg |
÷ 10 |
80 kg |
|
Corde nylon 6 mm |
500 kg |
÷ 10 |
50 kg |
|
Sangle polyester/PVC 10 mm |
140 kg |
÷ 7 |
20 kg |
|
Sangle polyester/PVC 16 mm |
220 kg |
÷ 7 |
31 kg |
|
Mousqueton mexicain inox |
426 kg |
÷ 4 |
106 kg |
|
Mousqueton targette inox |
230 kg |
÷ 4 |
57 kg |
Pour chaque accessoire Pawerful, vous retrouverez le détail des combinaisons disponibles et leurs CMU respectives sur la fiche produit.
Et les liants dans tout ça ?
Il reste un troisième élément dont on parle rarement et qui est pourtant extrêmement important : les liants.
Les coutures sont utilisées sur les cordes aux endroits où une boucle est formée pour le mousqueton, pour maintenir le repli en place. Si le fil utilisé pour la couture n’est pas adapté, ou si la couture ne répartit pas correctement la charge, cette partie risque de céder sous la contrainte. C'est pour cette raison que les coutures sont l'un des points sur lesquels j'ai passé le plus de temps avant de valider mes laisses en nylon. Le choix de la matière et du diamètre du fil, la technique, le nombre et la répartition des points : rien n'est anodin, et chaque détail a fait l'objet de plusieurs semaines de tests jusqu'à trouver une combinaison permettant à mes laisses d’être solides et fiables jusque dans les coutures.
Les sangles en polyester/PVC, elles, ne se cousent pas bien à cause de leur enrobage en PVC. J’utilise donc un système d’assemblage standard pour ce type de matériaux en utilisant des vis chicago qui se vissent l’une dans l’autre à travers la sangle. Les vis sont positionnées de telle manière à préserver l’intégrité de la sangle, et sont toujours au moins au nombre de 2 au niveau d’une attache, de sorte à en avoir une de sécurité au cas où la première cèderait. Enfin, les vis sont collées en plus d’être vissées pour ne pas se desserrer au fil du temps.
La durabilité des accessoires
Un accessoire résistant au moment de l'achat, c'est bien, mais s’il le reste après plusieurs années d'usage quotidien, c'est mieux. Et là, il n'y a pas de secret : la durabilité passe par le choix des matériaux.
L’acier inoxydable. J'ai fait le choix de n'utiliser que de l'acier inoxydable pour tous mes mousquetons, anneaux et fixations. C'est plus cher à l'achat que les alternatives courantes (zinc, laiton), mais c'est sans comparaison sur la solidité et l’entretien. L'inox ne craint ni l'eau, ni le sel, ni le froid, ni la chaleur. Il ne rouille pas, ne se ternit pas, ne nécessite aucun entretien. Le zinc, lui, est nativement plus fragile et s’oxyde lorsqu'il est exposé à l'humidité, ce qui arrive vite avec un chien qui se baigne ou qui sort sous la pluie. Le laiton offre une belle couleur dorée mais demande un entretien régulier pour garder sa couleur, sans ça, il a tendance à laisser des marques sur le pelage clair.
La corde en nylon. Le nylon est un matériau très résistant en traction. Il est souple, supporte les UVs et la pluie (bien qu’il puisse rétrécir légèrement lorsqu’il est mouillé), et résiste à la moisissure et à la pourriture. Sa principale faiblesse est l'abrasion : si on laisse traîner la corde au sol sur du bitume ou du gravier, la gaine extérieure finit par s'user, et une fois la gaine abîmée, l'âme de la corde se retrouve exposée et peut à son tour être endommagée. Une corde nylon bien entretenue (qu'on évite de faire frotter au sol et qu'on rince à l'eau claire de temps en temps si elle a été en contact avec du sel ou de la boue par exemple) est la clé de sa longévité.
La sangle polyester enrobée de PVC. Elle est imperméable, résistante aux bactéries, aux UVs, et à l’abrasion. Elle a également la particularité de se laver très facilement, simplement en la passant à l’eau ou avec un coup d’éponge. En revanche, ce matériau est moins résistant en traction que la corde en nylon.
A chaque usage son matériau
Au final, il n’y a pas de « bon » ou de « mauvais » matériau, mais plutôt un matériau adapté à son usage. Le bon choix dépend donc de ce que vous allez en faire.
Pour une laisse de promenade quotidienne : la corde nylon est le matériau de prédilection. Elle offre la meilleure résistance en traction, elle est agréable en main, et elle vieillit bien si on en prend un minimum soin.
Pour une longe : le polyester/PVC prend ici tout son sens. La logique d'usage d'une longe est différente de celle d'une laisse : on s'en sert par exemple pour offrir de l'espace à un chien dans les endroits où il ne peut pas être détaché (parcs, chemins réglementés) ou pour accompagner un chiot dans son apprentissage (suivi naturel, rappel). Dans les deux cas, la longe ne devrait jamais être tendue par un chien lancé à pleine vitesse : il s’agit d’une mauvaise pratique, dangereuse pour le chien comme pour l'humain qui tient la longe. Dans ce cas, la résistance pure n'est plus le critère prioritaire, ce qui compte plutôt est la facilité de nettoyage et la résistance à l'abrasion d'un matériau qui passe son temps au sol.
Pour conclure
Choisir une laisse ou une longe, ce n'est pas juste choisir un accessoire de mode. C'est choisir un accessoire qui devra vous être fidèle à chaque sortie, dans toutes les conditions, pendant des années.
Cette exigence est ma ligne de conduite et la valeur que je veux transmettre à travers Pawerful. Chaque choix que je fais est pensé pour durer et pour offrir à chaque chien et à son humain des accessoires qui leur sont adaptés et dans lesquels ils peuvent avoir confiance.
Si vous avez la moindre question sur le choix de la laisse adaptée à votre chien, n'hésitez pas à me contacter, je serai ravie d'en discuter.